14 janvier : Visite de la cathédrale Saints Michel et Gudule

Première activité Cyclo pour l’année 2024-2025

Ce 14 janvier nous inaugurons l’année 2025 par une visite organisée par Luc Vincent, de la Cathédrale Saints-Michel et Gudule et commentée par l’historien Marc-Henri Belleflamme, le beau-père de Fleur.

La profonde culture de notre guide, appuyée par un grand sens de l’humour, nous a fait revivre les périodes de l’histoire qui furent à l’origine des profonds remaniements que connut cet édifice avant de devenir pour les bons Belges que nous sommes le sanctuaire de tous les grands événements royaux et autres (mariages, enterrements, etc…)

La 1ère mention est faite d’une chapelle Saint Michel en ce lieu vers l’an 680.
Vers l’an 800, une deuxième église, peut-être en bois, a dû exister puisque des centaines de squelettes de cette période ont été mis à jour.

En 1047 est construite une collégiale dirigée par des chanoines.

Enfin en 1225, celle-ci est transformée en église gothique, la pierre locale très friable n’ayant pas résisté au temps.

La situation de cette église, au pied de laquelle coule la Senne devient à partir du Traité de Verdunen 843un endroit-clé, une frontière entre la France et la Germanie.

En1214 le triomphe à la Bataille de Bouvines de Philippe-Auguste, roi de France, surOtto IV du Saint Empire Germanique nous amena à imiter le style gothique français. Les clés de voûte de la nef sont particulièrement remarquables (avec des jumelles !)

Nous nous déplaçons devant la chair de vérité de Verbruggen.                               En 1555 nous devenons espagnols sous Charles Quint. Le style rococo triomphe sur le style jésuite. Dans un foisonnement d’anges, de feuillages et autres détails, nous voyons Adam et Eve chassés du Jardin d’Eden et au-dessus de l’abat-sons avec la colombe du Saint Esprit, Marie et le jeune Jésus écrasant du pied le serpent et lui crevant l’oeil avec la croix, symbole du triomphe du bien sur le mal.

Nous déambulons ensuite vers le chœur roman entouré de 10 gros piliers et de vitraux du 16ème siècle. La nuit tombée entretemps ne nous permet pas d’en distinguer les personnages, ni d’admirer les beaux vitraux du 19ème siècledu reste de la cathédrale. Dommage !

Le guide termine en commentant la statue de Jan van Ruusbrouc qui écrase allègrement la tête de la féministe béguine Bloemardine. Nous l’aurions encore écouté bien longtemps sans nous lasser…

Pour terminer la journée le Victor Bozar Café nous accueille dans son cadre chaleureux par un généreux apéro de Pommery et un excellent repas bien arrosé.

En fin de repas notre Président Bernard nouslit un texte sur la vie de Jan van Ruusboec sur lequel il a pris des informations, habitant une rue qui porte son nom. Vous en trouverez le texte en pièce jointe.


Merci à Jacquelin, Luc et Jean pour l’organisation impeccable de cette intéressante visite !

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JAN VAN RUUSBROEC

En marge de la très belle visite de la cathédrale que nous a fait parcourir notre excellent guide Marc-Henri, je voudrais évoquer un personnage lié à l’histoire de l’église au 14ème siècle.

Comme beaucoup de belges francophones, je ne connaissais rien de la vie du grand mystique flamand Jan van Ruusbroec avant de venir résider dans une avenue qui porte son nom à Rhode-St-Genèse. Et pourtant, il s’agit d’une des personnalités les plus attachantes de l’histoire chrétienne de l’Occident et qui a été l’un des auteurs les plus traduits de la littérature flamande (notamment par Maurice Maeterlinck).

D’origine modeste, né à Ruysbroek en 1293, il fût pris en charge à l’âge de 11 ans par un oncle chanoine  à l’église Sainte Gudule. Il en deviendra lui-même vicaire pendant plus de 25 ans jusqu’à l’âge de 50 ans. Très intègre, dévot, engagé et humble, il fût insatisfait de l’agitation de la ville et de la faible moralité et de la cupidité du clergé. Il s’en fût alors rechercher la solitude avec deux compagnons dans un ermitage à Groenendael.

Pour toutefois survivre au sein de l’Eglise, la petite communauté dût se constituer en congrégation religieuse et se soumit à la règle des chanoines de Saint Augustin. Leur renommée grandit et attira à Groenendael  de nombreuses personnalités religieuses et laïques de l’Europe entière. Son succès amena aussi la communauté à fonder les monastères frères de Rouge-Cloître et de Septfontaines.

Après avoir écrit bon nombre de traités en langue flamande brabançonne, Jan van Ruusbroec s’éteindra en 1381 à l’âge de 88 ans. Quatre siècles plus tard, lors de la suppression du monastère de Groenedael en 1783 par l’empereur Joseph II, son corps fût ramené à Sainte Gudule et 125 ans plus tard, il fût béatifié par le papePie X en 1908.

Que reste-t-il aujourd’hui du prieuré de Groenendael ? Plus grand-chose à part quelques vestiges que j’ai pu parcourir plusieurs fois  avec Patrice lors de nos escapades cyclistes en forêt de Soignes. Il y existe encore une certaine spiritualité que je vous recommande toutefois d’aller découvrir par vous-mêmes.

Quant à LA BLOEMARDINE, dont nous avons vu la tête écrasée par Jan van Ruusbroec sur la  statue que nous a montrée Marc-Henri dans le déambulatoire de la cathédrale, je voudrais ajouter les quelques indications suivantes :

Issue d’une famille influente de Bruxelles à la fin du 13ème siècle, HeiwigeBloemart, était aussi une mystique qui avait fondé une communauté de béguines non loin de la collégiale. Ces femmes indépendantes vivaient hors des règles conventuelles et étaient donc souvent critiquées par les autorités ecclésiastiques.

Hendrik Pomerius, chanoine de Groenendael et biographe de Jan van Ruusbroecvers 1450,  avait décrit « la Bloemardine » comme une hérétique qui aurait été combattue par Jan Ruusbroec. S’agit-il d’une légende, d’une exagération ou d’une réalité ? Il n’existerait pas de  preuve réelle de conflit entre ces deux personnages, d’autant plus que la propre mère de Jan van Ruusbroec avait en son temps rejoint le béguinage afin de se rapprocher de son fils. Ces histoires ont toutefois la mémoire longue.

La polémique naquit au début du 20ème siècle – comme souvent pour des raisons politiques – lors de la rénovation des façades de l’hôtel de ville. Le parti libéral contre l’avis des catholiques, avait choisi d’y faire figurer la Bloemardine en la déclarant « première féministe bruxelloise ». On peut encore aujourd’hui en voir sa statue, rue de la Tête d’Or (2ème étage à droite de la fenêtre centrale). les catholiques avaient alors répliqué en érigeant dans la Collégiale la statue de Jan van Ruusbroec écrasant la tête de la Bloemardine, symbolisant ainsi la victoire de la foi contre l’hérésie….

Pour ceux qui s’y intéressent, je recommande l’excellent article de Benoît Beyer de Ryke publié en 2005 aux éditions textyles: « Ruusbroec en son temps et dans les siècles » (https://journals.openedition.org/textyles/426)

et sur la Bloemardine : https://beguines.info/?page_id=2069 ou sur Wikipedia.